L’expérience de nos patients à l’honneur

Ce nouvel espace de notre site va s’enrichir régulièrement de nouveaux témoignages de patients ayant réalisés un parcours au sein de notre service IONA

Nous espérons qu’ils vous permettront de mesurer l’engagement et les bouleversements associés à une chirurgie de l’obésité.

La perte de poids ne résout pas les problèmes

Chaïma a réalisé une sleeve en 2015, ce qui lui a permis de passer de 110 à 70 kg. Nous l’avons rencontré en 2020 suite à une reprise de poids de 20 kg. Elle souhaitait à cette époque réaliser un bypass qui a été rendu possible à l’issue d’un parcours de 6 mois. Après avoir retrouvé son poids de forme de 75 kg, elle se confronte de nouveau à une reprise de poids, de 7 kg. Cela la motive à reprendre son suivi afin se réapproprier une alimentation saine.

Qu’est-ce qui a été un déclic pour réaliser une deuxième intervention? 

Ma sleeve ne m’a pas empêché, quelques années plus tard, de me réfugier, non pas dans les bras de mon mari, mais bien dans la nourriture. Avant le bypass, mon premier travail a été de prendre conscience de l’importance que représentait mes troubles alimentaires. Mon besoin de tout réussir et de tout gérer, sans laisser aux autres la possibilité de m’aider à réveiller des pulsions alimentaires qui me semblaient être mon seul refuge… J’ai réussi mes études, obtenu un travail qui me plaît, réalisé une sleeve qui a été une réussite, organisé un beau mariage et débuté une première grossesse. Mais lorsque que j’ai vécu une seconde grossesse – qui était une surprise -, le vase a débordé et tout a explosé !

En quoi votre deuxième intervention est-elle différente de la première ?

Les raisons de cette deuxième intervention sont différentes de la première. Ce n’était plus pour gagner en confiance en moi mais pour me retrouver après ma période de dépression. L’accompagnement au sein de IONA, où tous les professionnels sont centralisés au même endroit, m’a rassuré. Le post-opératoire a été super. Je n’ai pas eu de douleurs et j’ai pu remarcher immédiatement. Ma perte de poids, elle, a été beaucoup plus lente que lors de ma première intervention. C’est comme si mon corps avait plus de résistance au changement. Aujourd’hui, je suis inquiète car depuis quelques mois, j’ai repris 7 kg. Je fais le constat que je dois, une nouvelle fois, travailler sur mes troubles alimentaires qui m’invitent encore à grignoter quand ça ne va pas dans ma tête. J’ai toujours tendance à préserver les autres en cachant ma nervosité, mes pleurs…  Le sport m’aide à me défouler mais lorsque je n’ai pas le temps, je retombe dans mes travers : le grignotage.

Quels conseils pourriez-vous transmettre à un patient qui souhaiterait se faire opérer ?

Avant de faire une intervention, il faut être bien dans sa tête ! Je pense que si j’avais mis un peu d’ordre dans ma vie et posé certains mots sur ma situation et mes frustrations, je ne reprendrais peut-être pas de poids aujourd’hui.  Sans oublier que la perte de poids ne résout pas les problèmes. J’avais l’impression que lorsque mon corps aurait maigri, j’allais me sentir mieux. Après deux interventions, j’ai compris que ça ne fonctionnait pas comme ça.

Publié par Marie Piveteau le 9/5/22

Mon mari, lui, aime les formes. Il aurait aimé que je me stabilise à 85 kg…

C’est dans la continuité de son suivi, trois ans après sa sleeve, que je revois Nabila lors d’une journée d’examens. Depuis qu’elle a perdu 40 kg, je la vois porter des couleurs vives. Aujourd’hui ne fait pas exception. C’est avec un cardigan rouge vif qu’elle entre dans mon bureau. A cette occasion, j’apprends qu’elle a réalisé une abdominoplastie six mois plus tôt.

Quel a été le déclic pour réaliser cette intervention ? 

Je crois que j’ai fait tous les régimes possibles : Nutritionnistes, Weight Watchers, Dukan, et pleins d’autres sur différents sites… J’ai perdu beaucoup de poids mais à chaque fois, je reprenais le double. J’ai ressenti que j’avais besoin de soutien pour équilibrer mon diabète même si au début, je ne voulais pas faire de chirurgie. Je n’arrivais plus à respirer ni à marcher. Je crois que j’avais même honte de moi. D’ailleurs, je ne m’habillais plus qu’en noir… Alors, j’ai fini par considérer la chirurgie comme une option.

Comment votre perte de poids a-t-elle changé votre quotidien ? 

Je me sens plus légère, j’ai plus de facilité à marcher, à bouger, ce n’est plus comme avant où j’étais essoufflée rien qu’à monter dans la voiture. En plus de ne plus avoir de diabète, je peux aujourd’hui bénéficier d’une chirurgie du dos qui était impossible avec mes kilos en trop.

Mon mari, lui, aime les formes. Il aurait aimé que je me stabilise à 85 kg. Il n’aime pas les femmes maigres. Enfin, je ne peux pas me permettre de regrossir pour quelqu’un. Donc je lui ai dit : « Si ça ne te va pas, va voir une autre ! » Pour ma santé, mon dos, je ne peux pas redevenir celle que j’étais avant.

Mes enfants, eux, surtout le grand, me disent que je suis mieux comme ça, « on dirait une petite jeune ». Si je m’habille en jean-basquet et veste en cuir, je peux presque passer pour la grande sœur (rire).

En revanche, même si je m’y attendais, la peau qui tombe est gênante. Après mon abdominoplastie je souhaite refaire ma poitrine. Elle tombe et je ne me sens pas bien. Avant l’intervention, je n’avais pas de problème à ce niveau. Je ne suis pas surprise, je m’y étais préparée.

Quels conseils pourriez-vous partager à de futurs patients ? 

Quand on a des enfants, il faut quand même être bien organisé. J’ai cinq enfants et ils sont tous très bien organisés. Ils m’aident beaucoup car après la sleeve, ce n’est pas facile. Hier encore, mon fils aîné de 21 ans a fait le ménage de fond en comble dans la maison !

Le suivi régulier est aussi important. Moi, j’aime tout dire, même quand ça ne va pas. Il ne faut pas mentir. Je connais quelqu’un – qui a été opéré deux ans avant moi – qui ment à sa diététicienne… Elle n’ose pas tout dire. Je vois bien qu’elle commence à grignoter et à boire du Coca. Sa reprise de poids me rappelle que rien n’est acquis.

 

Publié par Marie Piveteau le 11/04/22

Mon autre plaisir, c’est aussi de pouvoir taper un foot avec mes gamins!

Vincent, me fait signe dans le couloir. Son air familier, sa physionomie et son allure décontractée m’indiquent que c’est encore un de nos patients que j’ai du mal à reconnaître à la suite de sa perte de poids. Ravi, il vient d’apprendre qu’il n’a plus besoin de son appareil d’apnée du sommeil. C’est avec cette énergie qu’il m’accorde quelques minutes pour que nous échangions sur son parcours. Depuis juillet 2021, il a perdu 50 kg.

Quel a été le déclic pour réaliser cette intervention ? 

Je n’ai pas toujours eu des problèmes de poids. En 2005, la veille du premier Noël de mon fils, mon père est décédé. La nourriture a été mon refuge. J’ai perdu le contrôle je me suis abandonné dedans. Je crois que ça me soulageait de manger énormément pendant le repas. Et puis ma femme a eu deux nouvelles grossesses et je l’ai accompagné dans sa prise de poids. Sauf que moi, je n’ai pas perdu mon poids de grossesse. (Sourire)

Qu’est-ce que la chirurgie a changé pour vous ? 

Avant l’intervention, je n’avais plus de satiété, je ne parvenais plus à me réguler. Finalement, je mangeais jusqu’à ne plus pouvoir bouger. Pour dire vrai, j’étais persuadé que la chirurgie ne me suffirait pas. En réalité c’était tout l’inverse, j’ai même connu une période où j’ai eu l’impression qu’une partie de mes plaisirs était partie avec mon estomac. Ça me faisait chier que mes goûts aient à ce point changé : j’adorais le poisson et je n’aimais plus la charcuterie ! Maintenant j’en suis super content, je me concentre sur la qualité, je préfère que mon repas soit petit et très bon que l’inverse. Je reste conscient de mon risque de rechute et je continue de faire très attention à mes quantités. Ma surprise c’est qu’avant l’intervention, je n’aimais pas le sucre, et aujourd’hui un bonbon, ça me fait plaisir. Mon autre plaisir, c’est aussi de pouvoir taper un foot avec mes gamins sans être essoufflé comme un bœuf au bout de 10 minutes !

Auriez-vous un conseil pour de futur patients ? 

Être indulgent avec la famille. La mienne a du mal à réduire les quantités quand elle me reçoit. En même temps, 15 ans d’habitudes ne se changent pas comme ça ! Aussi, être indulgent avec l’entourage qui est très impressionné par la perte de poids. Certains ont même cru que j’avais chopé une maladie, Je comprends moi-même, je pense que j’aurais pu me le dire.

 

Publié par Marie Piveteau le 11/04/22

A 50 ans, c’est enfin « moi d’abord » !

Carolina patiente dans la salle d’attente de son chirurgien. Elle me demande si j’ai 5 minutes pour me donner de ses nouvelles. Elle rayonne, ouvre son manteau, soulève légèrement son masque pour me communiquer son sourire. La transformation est bluffante. Elle est ravie et m’apprend qu’elle va bientôt réaliser une chirurgie réparatrice, un an après sa sleeve et 40 kg en moins.

Qu’est-ce qui a été un déclic pour réaliser votre intervention ?

Il y a eu mes trois grossesses, puis la ménopause… Mon hypertension artérielle, une hernie discale et mes apnées du sommeil n’ont pas été suffisantes pour m’alerter. C’est lorsque je suis montée sur la balance que j’ai ressenti un choc.

Comment la chirurgie a-t-elle changé votre quotidien?

C’est vrai que mon mari ne me regardait plus avant l’intervention. Ma prise de poids avait créé de la distance entre nous. Peut-être aussi car je n’étais pas très agréable non plus. Pour tout vous dire, nous nous sommes engueulés sur le chemin de la clinique le jour de mon intervention, et il n’est pas venu me chercher le lendemain comme prévu…

Aujourd’hui, ça a bien changé, il m’accompagne même à mes rendez-vous avec les chirurgiens. Nous nous retrouvons, en quelque sorte. Nous avons même débuté une thérapie de couple. La réalité est plus nuancée, mais j’avais quand même le besoin de lui dire que je ne suis pas qu’un corps dont on se détourne lorsqu’il n’est plus dans une certaine norme, et qu’on regarde et aime plus lorsqu’il se transforme. J’ai aussi quelque chose dans la tête.

A 50 ans, c’est enfin « moi d’abord » ! L’autre jour, je me suis amusée à envoyer à mon mari une photo de moi dans une robe noire, courte et échancrée. J’ai laissé planner le doute sur le fait que je la porterai lors d’une prochaine soirée. Sa réponse, un peu jalouse, n’a pas tardée ! (Rire) Pour mes enfants, ça peut générer des craintes. Ils ont du mal à comprendre mon besoin de retrouver ma féminité. Mon fils me dit que je vais partir avec « un petit jeune ». Ce n’est pas du tout mon souhait, ils le comprendront un jour.

Cette nouvelle confiance m’aide aussi à ne plus m’emmerder avec les gens qui m’indisposent. Seuls les gens que j’aime sont maintenant invités chez nous. Je suis bien et je ne veux que passer de bons moments !

Auriez-vous un conseil pour des personnes allant réaliser une intervention? 

Prenez des photos de vous ! Moi je me détestais, il n’y avait même plus de miroir chez moi, et il était hors de question que l’on me prenne en photo. Me prendre en photo régulièrement, même si ce n’est pas agréable, m’a permis de prendre conscience de ma perte de poids.

 

Publié par Marie Piveteau le 8/04/22

Mes enfants m’appellent Superwoman !

C’est lors d’une journée de bilan médical, un an après son intervention, que je revois Alya. Je suis frappée par mon incapacité à reconnaître cette grande brune au regard pétillant. Lorsque je lui fais part de ma confusion, elle rit et n’est pas étonnée. Ses 42 kg perdus depuis mai 2021 n’y sont pas pour rien. A l’issue de notre entretien, je ne résiste pas à l’envie de lui proposer un portrait. Après une demi-seconde d’hésitation, Alya accepte ; elle n’est pas du genre à reculer.

Quel a été votre déclic pour réaliser une sleeve-gastrectomie ? 

En cinq ans, je suis passée de 70 kg à 114 kg. Les médecins m’ont dit que cette prise de poids était due à un dérèglement hormonal à la suite d’une de mes quatre grossesses. En 2020, je n’en pouvais plus ! J’ai voulu reprendre le contrôle J’ai fait du sport intensif pendant six mois, au moins 10 h par semaine. Malgré mes efforts, j’avais encore pris 15 kg… Je suis devenue désagréable. Au travail, je n’avais plus la pêche, je pense même qu’à la maison, j’étais devenue aigrie. Mais après ma sleeve, au-delà de ne plus souffrir d’apnée du sommeil, je suis redevenue celle que j’étais avant : pêchue et sportive. Mes amies m’ont même fait une place dans leur équipe de basket. Les deux entraînements par semaine et nos matchs le week-end participent vraiment à mon épanouissement !

Comment le parcours préopératoire vous a-t-il aidée ?

Aujourd’hui, je comprends pourquoi c’est une obligation de se préparer au minimum six mois avant l’intervention. Par exemple, je participe à plusieurs groupes de discussion sur les réseaux sociaux et je constate que les pertes de poids peuvent être très difficiles à vivre. Parfois même, le plus dur pour les filles que je suis, c’est de voir leur corps se transformer et ne pas l’accepter. Je suis heureuse d’avoir pu prendre conscience de ces difficultés avant l’intervention pour mieux les appréhender au jour le jour.

Qu’est-ce que la perte de poids a changé pour vous et votre entourage ? 

Je me suis retrouvée. C’est un épanouissement total. Je me plais de nouveau. Je le vois dans les yeux de mon mari et ceux de mes enfants avec qui, de nouveau, jouer dans une piscine à balles ou sur un toboggan n’est plus un problème. Ma mère, elle qui est d’une autre génération, n’a pas réussi à accepter ma chirurgie ; à l’inverse de mes sœurs. Mais je la comprends et j’évite d’en parler en sa présence.

Finalement, le plus difficile a été de voir le regard de mes collègues changer. Ils ne m’avaient pas vue depuis deux ans avec le Covid et ils m’ont retrouvé affutée ! (Rires) Certains d’entre eux ne m’adressaient plus la parole avant l’intervention, mais aujourd’hui, ils me regardent et me sourient.

Cela m’a fait très mal de comprendre que l’apparence avait une place si importante et que j’en avais fait les frais. Aujourd’hui encore, je me demande si l’on me juge positivement pour mes compétences ou pour mon nouveau physique « avantageux ». Quand j’étais « grosse », je n’ai eu aucune revalorisation salariale. La grossophobie ambiante dont j’ai pris conscience après l’intervention me permet, aujourd’hui, de mieux juger mon entourage. Je n’hésite plus à leur mettre des barrières lorsque cela me semble nécessaire.

 

Publié par Marie Piveteau le 10/03/22

La perte de poids est un combat

Béatrice passe une tête dans mon bureau pour me donner de ses nouvelles. Elle rayonne dans son gilet jaune et ses baskets acidulées. Depuis sa sleeve, qui date d’avril 2021, elle a déjà perdu 40 kg. C’est avec plaisir que je l’invite à me raconter son parcours.

Pourriez-vous me rappeler ce qui a provoqué votre prise de poids ?

Je ne me suis pas du tout vu prendre du poids, tout est allé très vite. Je n’avais pas imaginé qu’une quatrième grossesse surprise, qu’il a fallu accueillir et qu’une chute dans les escaliers m’empêchant de faire de l’activité physique suffiraient à me faire prendre du poids jusqu’à 120 kg. Mais tout ne se résume pas à ça… Je l’ai compris par la suite.

Comment l’équipe médicale vous a-t-elle soutenue lors de votre cheminement vers une chirurgie bariatrique ?

Les choses sont toujours plus complexes qu’il n’y paraît. J’ai eu la possibilité de poser un regard différent sur moi. J’ai pu prendre conscience que l’alimentation était mon refuge. Et même que ma prise de poids me protégeait du regard de l’autre, comme un moyen de devenir invisible. L’équipe m’a permis de ne pas me focaliser sur ma perte de poids, qui était une obsession, et m’a permis de me tourner vers cet ensemble.

Qu’est-ce que ce parcours a changé pour vous ?

Je me suis découverte. Je profite de mes enfants comme je ne l’ai jamais fait ! Le mercredi, nous allons au parc. Le mardi et le vendredi, nous dansons pour nous faire du bien et évacuer la pression. Ils me motivent à continuer. La taille de mes assiettes a également changé ! Quelle surprise. Je n’ai plus le besoin de manger en quantité…

C’est bête mais j’ai aussi compris que je pouvais assumer que j’existais. J’ai le droit, non… Je dois prendre soin de moi.

Comment percevez-vous l’avenir ?

C’est important de ne pas abandonner. Ce n’est pas parce j’ai perdu du poids que mes démons ne sont plus là. La chirurgie n’est qu’un « tremplin ». Après, il faut continuer de se battre.

J’aime réaliser des ateliers avec d’autres personnes. Cela me permet de souffler et d’échanger avec d’autres qui vivent des difficultés similaires. Je les considère comme mes compagnons.

 

Publié par Marie Piveteau le 4/03/22

Se redécouvrir pour mieux se tourner vers les autres

Sophy porte des lunettes à écailles à la pointe de la mode, une queue de cheval haute et attend sa retraite en juin prochain. Sa resleeve réalisée en octobre 2020 lui a permis de perdre 26kg. C’est lors d’une journée d’éducation thérapeutique abordant la difficulté de maintenir des bonnes habitudes sur le long terme que j’ai le plaisir de la retrouver. Elle a conscience de l’importance du suivi qu’elle n’a pas eu la chance d’avoir lors de sa précédente intervention. C’est tout naturellement qu’elle a accepté de partager son expérience.

Qu’est ce qui vous a encouragé à réaliser cette intervention ?

Avant mon intervention, je ressentais un mal-être physique et mental. Je ne me sentais pas capable de réaliser une activité physique, d’être coquette, dynamique et même d’être capable de me tourner vers les autres comme j’en avais l’envie. Ma prise de poids m’en empêchait. Aujourd’hui, je m’autorise à être qui je suis.

Comment le suivi avec les professionnels vous a-t-il soutenu? 

Le poids que j’ai pris est d’ordre émotionnel. Pour réussir cette deuxième intervention, j’ai compris qu’il fallait regarder mon passé en face. A l’aide de la psychologue, je me suis posé les bonnes questions et j’ai eu la capacité de me réconcilier avec mon histoire. A ce jour, je sens que mon alimentation s’est « apaisée » et est moins corrélée à mon état émotionnel.

Je suis en contact régulier avec la diététicienne et la kinésithérapeute qui entretiennent ma motivation. Je prends conscience de mes capacités et Estelle (la kinésithérapeute) est toujours là pour nous motiver. Quelque part, ça me porte à continuer.

Je me sens transformée grâce à ma perte de poids, rajeunie. Je ne cours toujours pas car je n’aime pas ça mais je me sens plus apte à marcher, je marche beaucoup et même en talons ! (Rire)

Qu’à changé ce parcours pour vous ? 

Avant mon intervention, j’avais comme un nuage en permanence au-dessus de la tête. Je tiens à dire que la société participe à ce mal-être, je ne trouvais pas ma place. Aujourd’hui, j’appréhende avec plus de sérénité ma retraite en réalisant des sorties culturelles, en me tournant plus vers les autres. Je me sens résiliente, féminine et je m’assume !

 

Publié par Marie Piveteau le 4/03/22

La régularité comme socle de l’apaisement

Ses écouteurs vissés aux oreilles et l’air déterminé, je retrouve Magalie sur son tapis de marche, comme tous les lundis. Le sourire aux lèvres, elle se rend immédiatement disponible pour échanger avec moi quelques minutes. Le regard malicieux, elle m’explique que son bypass du 6 mars 2020 – soit 10 jours avant le premier confinement -, a été une expérience particulière.

Qu’est ce qui vous a encouragée à réaliser cette intervention?

L’obésité a construit ma vie. J’ai grandi avec l’excès de poids et ses contraintes. Je n’ai jamais accepté ce corps qui ne reflétait pas qui j’étais réellement. Pour réaliser ce bypass, j’ai dû me relever d’un échec, celui d’un anneau posé en 2009 sans aucun accompagnement avant l’intervention, et encore moins après. C’est une fois à la maison que l’on découvre ses nouvelles contraintes et que l’on cherche, seule, des solutions et le prix de sa perte de poids. J’ai, à cette époque, perdu 15 kg… que j’ai repris rapidement m’obligeant alors à reconsidérer une nouvelle chirurgie.

Comment le suivi avec les professionnels vous a-t-il soutenu ? 

Ce n’est pas évident d’accepter que l’on ait besoin d’aide pour accomplir son projet de vie. L’équipe (paramédicale) sur place a simplifié ce processus. Avant le bypass, on m’a accompagnée dans un cheminement émotionnel et psychologique pour appréhender au mieux les changements à venir. Les équipes bienveillantes m’ont guidées pas à pas. Dix jours après mon intervention, c’est le grand saut, la France vit son premier confinement et moi, je me sens seule, voire abandonnée. J’ai craint que mon rapport altéré à l’alimentation, en lien avec un mal être, ne me rattrape. C’est peut-être pour ça que depuis, je prends plaisir à revenir à la clinique pour voir l’équipe et d’autres gens qui vivent la même chose.

Qu’est-ce que ce parcours a changé pour vous ?

Tout ! Rendez-vous compte, cet été j’ai fait du rafting, de l’escalade et du parapente avec mes enfants, du parapente… c’est un rêve. Je me suis libérée de quelque chose.  Mes enfants me disent qu’ils me retrouvent. Bien sûr, j’entretiens une attention à mon corps, je suis à l’écoute de ce qu’il me demande. Cela m’évite de vivre des frustrations que j’ai trop connues avec les régimes. Au contraire, aujourd’hui, je suis à la recherche de goûts raffinés, les quantités ne sont plus ma priorité et cela m’apaise. J’accepte ma peau qui n’est pas parfaite, c’est un équilibre et je sais que mon but n’est pas d’être Claudia Schiffer ! (Rire)

Comment percevez-vous l’avenir ?

Ma situation d’obésité est ancrée en moi. Je sais qu’aujourd’hui je ne le suis plus, mais je sais aussi que la reprise de poids est possible et ça me fait peur, donc je n’oublie pas. Je souhaite que ce sentiment me permette de poursuivre mon suivi le plus longtemps possible. Bien sûr, ça ne m’empêche pas de profiter de cette nouvelle confiance en moi qui me permet d’être à l’aise avec mon image, par exemple, j’ai réalisé une photo portrait pour mon travail. Jamais cela n’aurait été possible avant.

 

Publié par Marie Piveteau le 4/03/22

L’expérience de l’autre est une richesse pour soi

C’est dans la salle d’attente de son chirurgien que je croise Sofia. En me saluant, elle m’indique que c’est le rendez-vous des trois mois postopératoire qui l’amène. Elle en profite pour valider son inscription à la journée d’éducation thérapeutique qu’elle avait manquée il y a un mois. D’une voix douce, elle accepte mon invitation pour ce portait. C’est lorsqu’elle s’installe à mon bureau que je remarque que son foulard semble parfaitement assorti à ses yeux gris-bruns.

Qu’est ce qui vous a encouragée à réaliser cette intervention? 

Dans le passé, je n’ai jamais été en surpoids. Je viens d’une famille où on était plutôt maigre. Notre mère nous mettait des bretelles à tous nos pantalons pour ne pas les perdre ! Je ne suis pas certaine de comprendre ma prise de poids car pendant dix ans, j’ai été dans le déni. Les autres le voyaient mais pas moi. En 2013, j’ai réalisé la pose d’un anneau. Une catastrophe ! Sans explication, j’ai pris cette chirurgie pour une baguette magique. C’était pour moi le moyen de manger ce que je voulais et de perdre du poids. Je n’ai évidemment rien perdu. Environ à la même période, j’ai perdu mon emploi. J’ai dû choisir entre le port de mon foulard et mon emploi. Ça été très dur et je l’ai vécu comme une injustice. Je pense que j’ai traversé une dépression qui a participé à mon isolement et à ma reprise de poids.

Comment le suivi avec les professionnels vous soutient-il ?

Ce que j’aime en venant dans le service, c’est l’ambiance chaleureuse et humaine. Avant l’intervention, j’ai eu toutes les réponses à mes questions. Cela m’a aidé à comprendre que vous serez disponibles si j’en avais le besoin et cela a suffi à me rassurer.

Aujourd’hui, ce que je préfère, ce sont les ateliers de groupe en éducation thérapeutique. Les échanges sont géniaux. Le groupe permet de répondre à des questions auxquelles je n’ai pas encore pensé. Et les réponses me sont très précieuses ! Les échanges sont riches, je sens que tout le monde se sent en sécurité pour se livrer, et parfois même sur le plan intime, c’est idéal lorsque l’on n’ose pas poser toutes les questions. C’est comme si mes besoins étaient anticipés.

Comment allez-vous aujourd’hui ?

Tout n’est pas rose, je suis parfois fatiguée, j’ai la sensation de faire des hypoglycémies… Ma peau en a également pris un coup. Je suis plus marquée même au niveau du visage. Pour le reste, je me retrouve. Je n’ai plus le besoin de me cacher dernière des vêtements trop larges. Et puis je m’amuse de mes nouveaux goûts : j’adore les lentilles, les légumes cuits à l’eau et les soupes ! Alors que les viandes ne me font plus du tout envie… Et ça tombe bien, je vais bientôt être grand-mère pour la première fois, alors à la maison il mangera parfaitement !

 

Publié par Marie Piveteau le 4/03/22